Un fichier qui ne se prépare pas au moment où on le demande
La plupart des entreprises découvrent leur FEC le jour où il faut le remettre. Le logiciel le génère, quelqu’un l’ouvre, et le fichier révèle en quelques secondes tout ce qui a été fait vite pendant l’année : des libellés vides, des références de pièce absentes, des écritures datées du 31 décembre parce qu’on ne savait plus quand elles avaient eu lieu.
Rien de tout cela n’est frauduleux, et c’est bien le problème : ce sont des négligences ordinaires qui, mises bout à bout dans un fichier lisible par machine, dessinent l’image d’une comptabilité tenue approximativement. Or c’est cette image qui détermine le ton du contrôle.
La bonne nouvelle est que la partie la plus volumineuse — les écritures de banque — est aussi la plus facile à fiabiliser, parce qu’elle repose sur un document que personne ne peut oublier ni arranger : le relevé bancaire.
Ce qu’est le FEC, exactement
Un fichier plat contenant l’intégralité des écritures d’un exercice, une ligne par écriture, dans un format normalisé par l’arrêté du 29 juillet 2013. Pas un rapport, pas une synthèse : la comptabilité elle-même, exportée sous une forme qu’un programme peut analyser.
Cette dernière précision explique tout le reste. Un contrôleur qui feuillette un grand livre repère ce qu’il a le temps de repérer. Un outil qui traite un FEC teste l’équilibre de chaque écriture, la continuité de la numérotation, la cohérence des dates, la présence des libellés et la répartition des montants — sur l’exercice entier, en quelques minutes.
Il faut donc cesser de penser le FEC comme une formalité de fin de contrôle. C’est un révélateur, et ce qu’il révèle a été écrit douze mois plus tôt.
Quand il est demandé, et pourquoi le délai compte
Le FEC est réclamé au début d’une vérification de comptabilité, avec un délai bref pour le remettre. Ce calendrier n’est pas un détail de procédure : il conditionne tout ce qui est possible.
Dans ce délai, on peut générer un fichier et vérifier qu’il est techniquement valide. On ne peut pas retrouver douze mois de références de pièces, reconstituer des libellés oubliés, ni rattacher des opérations bancaires à des justificatifs qu’il faudrait aller chercher.
D’où la seule stratégie qui fonctionne : produire un FEC de test chaque année, à froid, sans que personne ne le demande. Les conditions exactes de la demande et les conséquences d’un fichier non conforme relèvent de votre expert-comptable — mais le principe de la répétition à froid, lui, ne dépend d’aucun texte.
Les dix-huit champs
Ordre fixe, intitulés fixes. Un fichier contenant les bonnes valeurs dans un ordre différent est rejeté par les outils de contrôle avant même que quiconque en regarde le contenu.
| Champ | Contenu | Faiblesse courante |
|---|---|---|
| JournalCode / JournalLib | Code et libellé du journal | Journaux créés au fil de l'eau, sans logique |
| EcritureNum | Numéro de l'écriture | Numérotation avec des trous |
| EcritureDate | Date de l'écriture | Tout daté du dernier jour de l'exercice |
| CompteNum / CompteLib | Compte et son libellé | Comptes d'attente jamais soldés |
| CompAuxNum / CompAuxLib | Compte auxiliaire | Vide alors qu'un tiers est identifiable |
| PieceRef / PieceDate | Référence et date de la pièce | Référence absente — le point n° 1 |
| EcritureLib | Libellé de l'écriture | « Divers », « virement », « OD » |
| Debit / Credit | Montants | Écritures qui ne s'équilibrent pas |
| EcritureLet / DateLet | Lettrage et sa date | Lettrage partiel ou absent |
| ValidDate | Date de validation | Antérieure à la date d'écriture |
| Montantdevise / Idevise | Montant et code devise | Vides sur des opérations en devise |
Deux colonnes de ce tableau méritent d’être relues ensemble : la référence de pièce et le libellé. Ce sont les deux champs qui transforment une écriture en quelque chose de vérifiable, et ce sont les deux qui coûtent trois secondes au moment de la saisie et une demi-journée six mois plus tard.
Les écritures de banque, la masse du fichier
Dans une entreprise ordinaire, le journal de banque représente la plus grande part des écritures. C’est aussi la partie la plus mécanique — et donc celle où la qualité dépend entièrement de la manière dont les données sont entrées.
Un relevé bancaire a une propriété que peu de sources comptables possèdent : il est complet par construction. La banque n’oublie pas une opération, ne la date pas approximativement et ne la libelle pas « divers ». Tout ce qui manque ensuite a été perdu entre le relevé et l’écriture.
C’est précisément ce trajet que FlowParse raccourcit. Chaque ligne du relevé est extraite avec sa date, son libellé d’origine, son montant et son solde, puis le solde de clôture est recalculé à partir des lignes et comparé à celui imprimé sur le relevé. Une opération manquante ou comptée deux fois est donc détectée avant d’entrer en comptabilité, pas au moment du rapprochement.
Le libellé d’origine mérite une insistance particulière. Le remplacer par « virement » détruit la seule information qui permettait de retrouver la contrepartie. Le conserver — quitte à ajouter une précision — ne coûte rien et rend l’écriture auto-explicative des années plus tard. La conversion elle-même est décrite sur notre page relevé bancaire en Excel, et l’automatisation du journal sur journal de banque automatique.
Le format du fichier
Un fichier texte à plat, une ligne d’en-tête reprenant les intitulés des champs, puis une ligne par écriture, avec un séparateur constant. Le format XML est également prévu. Votre logiciel fait ce choix pour vous ; ce qui vous concerne, ce sont les trois pièges d’encodage qui reviennent toujours.
Le séparateur présent dans les données. Un libellé contenant le caractère séparateur décale toutes les colonnes de la ligne. Les libellés issus de relevés bancaires en contiennent régulièrement.
Les accents.Un fichier produit dans un encodage et lu dans un autre transforme les libellés en suites illisibles. Cela n’altère aucun montant et donne pourtant très mauvaise impression.
Le séparateur décimal.Virgule ou point, mais pas les deux dans le même fichier — et surtout pas de séparateur de milliers. Un tableur ouvert et réenregistré sans précaution est le moyen le plus courant d’introduire ce défaut.
D’où une règle simple : ne jamais ouvrir un FEC dans un tableur pour le « vérifier », puis le réenregistrer. Vérifiez-le, fermez-le sans sauvegarder, et corrigez en amont dans la comptabilité.
Ce qui fait rejeter un fichier
| Anomalie | Origine habituelle | Se corrige |
|---|---|---|
| Écriture déséquilibrée | Reprise ou import mal paramétré | Dans la comptabilité, jamais dans le fichier |
| Colonnes hors ordre | Export retouché à la main | En régénérant depuis le logiciel |
| Libellés vides | Saisie rapide toute l'année | Impossible après coup — d'où l'amont |
| Numérotation trouée | Écritures supprimées après validation | Ne se corrige pas : s'explique |
| Dates hors exercice | Erreur de saisie non contrôlée | Dans la comptabilité |
| Devises non renseignées | Champs ignorés à la saisie | Au fil de l'eau, pas en décembre |
La quatrième ligne est celle qui inquiète le plus et qui devrait le moins. Une numérotation présentant des trous s’explique très souvent — une reprise, un changement de logiciel, une régularisation. Ce qui pose problème, ce n’est pas le trou : c’est de ne pas savoir l’expliquer.
Lettrage et dates de validation
Deux paires de champs discrètes qui en disent long sur la tenue réelle de la comptabilité.
Le lettrage relie une facture à son règlement. Un compte client où presque rien n’est lettré signale que le rapprochement entre les ventes et les encaissements n’a pas été fait — ce qui est une information sur l’organisation autant que sur les comptes.
La date de validation, elle, indique quand l’écriture a été figée. Elle permet de constater qu’une comptabilité a été tenue au fil de l’eau ou reconstituée en bloc. Un exercice entier validé sur trois jours de janvier raconte une histoire précise, et elle est lisible sans commentaire.
Aucun des deux ne se rattrape en décembre. Le lettrage se fait au moment du rapprochement, la validation au moment de la saisie, et c’est exactement pour cela que ces champs sont regardés.
Les opérations en devises
Deux champs sont prévus : le montant dans la devise d’origine et le code de cette devise. Ils sont laissés vides beaucoup plus souvent qu’ils ne devraient l’être, parce que l’écriture en euros paraît suffire.
Elle ne suffit pas. Sans le montant d’origine, il devient impossible de vérifier le taux appliqué, donc de contrôler l’écart de change. Un test automatique repère immédiatement des opérations manifestement étrangères dont les champs devise sont vides.
Le réflexe utile se prend à la saisie : conserver le montant en devise dès qu’il figure sur le relevé, et noter la source du taux retenu. Cela prend quelques secondes et supprime une question entière.
Comment ça marche
1 · Déposer les relevés
Tous les comptes, jusqu'à 100 fichiers en une fois. Les relevés anciens en scan passent d'abord par l'OCR.
2 · Extraction des opérations
Date, libellé d'origine, montant et solde, reconnus par le sens et non par des coordonnées fixes.
3 · Contrôle de cohérence
Le solde de clôture est recalculé à partir des lignes et comparé à celui du relevé ; la continuité de la série est vérifiée.
4 · Mise en forme
Colonnes fixes, une ligne par opération, le fichier d'origine conservé sur chaque ligne.
5 · Export
Excel ou CSV, prêt à alimenter le journal de banque de votre logiciel de comptabilité.
6 · Le FEC
Généré par votre logiciel à partir d'écritures propres — c'est lui qui produit le fichier, pas nous.
Se préparer en amont, concrètement
Quatre habitudes, toutes peu coûteuses, qui déterminent la qualité du fichier que vous remettrez peut-être dans trois ans.
Saisir au fil de l’eau.Mensuellement, pas annuellement. La date de validation en garde la trace, et une comptabilité tenue régulièrement se voit sans qu’on ait à l’affirmer.
Renseigner la référence de pièce.Systématiquement. C’est le champ qui permet de passer d’une écriture à son justificatif en quelques secondes, et son absence transforme chaque question en recherche.
Conserver les libellés d’origine.Ceux du relevé, enrichis si nécessaire. « Virement » n’est pas un libellé, c’est une catégorie.
Solder les comptes d’attente.Chaque mois. Un compte d’attente qui traverse l’exercice attire l’attention, et le solde final est toujours plus difficile à justifier que les mouvements qui l’ont constitué.
Tester son FEC quand rien ne presse
Générez-le une fois par an, après la clôture. L’exercice prend une heure et fournit une information que rien d’autre ne donne : l’état réel de votre comptabilité vue par un outil, et non par la personne qui l’a tenue.
Cinq vérifications suffisent. Le fichier s’ouvre-t-il sans erreur de format ? Chaque écriture est-elle équilibrée ? Combien de libellés sont vides ou génériques ? Combien de références de pièce manquent ? Les dates sont-elles réparties sur l’année ou concentrées ?
Aucune de ces réponses ne se corrige rétroactivement pour l’exercice écoulé. Toutes se corrigent pour le suivant, et c’est exactement pour cela que le test à froid vaut la peine — il ne répare pas le passé, il change la manière de travailler l’année d’après. La marche à suivre détaillée est dans le guide de préparation d’un FEC conforme.
Six erreurs
Découvrir son FEC le jour du contrôle
Le délai permet de générer un fichier, pas de réparer douze mois de saisie.
Retoucher le fichier plutôt que la comptabilité
Les contrôles de cohérence le détectent, et la discussion change alors de nature.
Remplacer les libellés bancaires par des catégories
« Virement » supprime la seule information qui permettait d'identifier la contrepartie.
Ouvrir le FEC dans un tableur et le réenregistrer
Séparateurs décimaux, zéros initiaux et accents y passent, sans qu'aucun montant ne change.
Laisser vivre un compte d'attente toute l'année
Un solde annuel est bien plus difficile à justifier que les mouvements qui l'ont formé.
Tout valider en janvier
La date de validation le dit, et elle raconte comment la comptabilité a réellement été tenue.
Pour qui
Entreprises en comptabilité informatisée
Celles qui devront produire le fichier et ne l'ont jamais ouvert.
Cabinets d'expertise comptable
Plusieurs dossiers, plusieurs logiciels, et un contrôle possible sur chacun — traité en détail sur la page dédiée aux cabinets.
Comptabilités reprises en retard
Quand la saisie a pris du retard, le relevé bancaire est la source la plus complète pour rattraper l'exercice.
Entreprises qui changent de logiciel
La reprise est le moment où apparaissent les écritures déséquilibrées et les numérotations trouées.
Les cabinets qui gèrent plusieurs dossiers trouveront le déroulé complet sur FEC pour cabinets comptables, et la question du lien entre facture et opération sur piste d’audit fiable.
Ce que ce n’est pas
FlowParse ne génère pas votre FEC. C’est votre logiciel de comptabilité qui le produit, à partir des écritures qu’il contient. Ce que nous faisons se situe en amont : fiabiliser les données qui deviendront ces écritures.
Nous ne rendons pas non plus une comptabilité conforme. Un fichier techniquement valide généré depuis des écritures approximatives reste un fichier valide contenant des écritures approximatives, et c’est le contenu qui est examiné.
Enfin, cette page n’est pas un avis. Le périmètre des entreprises concernées, les délais applicables et les conséquences d’un fichier non conforme relèvent du Code général des impôts et du Livre des procédures fiscales — et de votre expert-comptable, qui connaît votre situation.
